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Au sommaire :
- L'histoire de l'équipement du Crêt du Merle, un axe important au sein du domaine
- Le télésiège du Crêt du Merle : une historique richesse de technologie
- La gare aval
- La ligne
- La gare amont
- L'exploitation estivale
- Conclusion
L'histoire de l'équipement du Crêt du Merle, un axe important au sein du domaine
Le lancement du ski à la Clusaz débuta en 1934 lorsque le premier télétraineau entra en service. Partant du village, cet étrange appareil (dont on était assis dans une sorte de luge remorquée par un câble) montait sur le Crêt du Merle. Il fut bien vite remplacé par un second appareil du même type mais quelque peu différent. L'existence du télétraineau s’acheva prématurément lorsqu'en 1945 un accident coûta la vie à 5 personnes. Pendant ces années, le Crêt du Loup fut également équipé d'un téléski.
En 1949, le Crêt du Merle vit apparaître son premier vrai téléski, entièrement métallique et permettant de hisser les skieurs vers le téléski du Crêt du Loup, menant à plus de 1850 mètres d'altitude. Mais il y restait un problème et de taille : il n'y avait toujours pas de téléskis débutant à la Clusaz qui soit digne de ce nom. Cela amena à construire dans un premier temps le téléski de la Ruade à proximité de celui du Crêt du Merle mais en montant beaucoup moins haut que ce dernier. On notera que ces deux téléskis furent fortement rénovés, probablement à l'aube des années 1970. Les pylônes en treillis furent remplacés à cette occasion par des tubulaires et il se peut bien que ce fut également le cas des gares aval.
Pendant ce temps, le massif se développait dans sa partie supérieure avec notamment la construction des deux téléskis du Crêt du Loup en 1970 et du téléski de l’Aiguille en 1956. De même, en station, le télésiège de la Patinoire permit de rejoindre les téléskis du Crêt du Merle depuis Champ Giguet, ce qui fut largement salué. Mais la combinaison de ces deux extensions fit souffler le téléski du Crêt du Merle, dont le débit ne permettait plus d'assurer correctement l'ascension des skieurs.
Afin de remédier à ce problème, une solution fut trouvée en 1974. Cet année-là fut construit un nouveau téléporté sur le domaine et non l'un des moindre : il s'agit du mythique télésiège débrayable triplace du Crêt du Merle qui, outre le fait qu'il permit d'enrayer temporairement les files d'attente au départ du Crêt du Merle, servait également de vitrine à la station du fait de la technicité mise en œuvre. Mais nous y reviendrons plus précisément dans la partie suivante.
Autre élément marquant de cette installation, c'est la présence d'une gare intermédiaire situé peu après le départ. Mais elle ne servait pas au débarquement... En effet, il était difficile de rejoindre la gare de départ du télésiège depuis l'arrivée du télésiège de la Patinoire car il fallait traversée la route des Aravis et revenir pour embarquer depuis l'autre côté arrière de la gare, obligeant à passer sous la ligne du télésiège juste après le départ. Ainsi, les skieurs pouvaient embarquer de cette gare qui nécessitait donc de laisser des véhicules libres en gare aval, ce qui faisait donc chuter le débit lorsque les sièges ne se remplissaient pas à cette gare...
Mais ce qui est intéressant de noter également, c'est la configuration particulière de cette gare car seul le brin montant y était concerné, le brin retour poursuivant normalement sa descente vers la gare aval, comme on le constate sur l'image ci-dessous qui montre cette gare à l'origine :

Cette gare devenant problématique, notamment au niveau du débit, fut démontée en 1999 alors qu'elle était devenue de plus en plus inutile avec l'amélioration progressive du secteur.
En 1984, dans le cadre de la rénovation du secteur du Crêt du Merle, le télésiège de la Patinoire fut remplacé par une télécabine et les téléskis du Merle, vétustes et complètement dépassés par leur propre succès, furent démontés au profit des deux télésièges des Praz et de la Ruade indépendants l'un de l'autre. En effet, leurs gares aval et pylônes sont communs, ce qui permet de gagner de la place au sol mais qui pour le coup, donne une sérieuse claque au paysage.
Situation du télésiège sur le plan des pistes :

Le télésiège du Crêt du Merle, outre le fait qu'il permet de rejoindre les différents appareils du Crêt du Loup, dessert trois pistes dont une de liaison. On a d'abord la piste du Merle qui descend sur le secteur du Crêt du Merle, le long de l'appareil dont il peut retourner au départ. La piste du Merle (variante) assure quant à elle la même fonction puisqu'elle rejoint la piste pré-citée au niveau de l'arrivée du téléski du Bossonnet. Enfin, la piste de la Motte est une piste de liaison qui permet d'accéder au massif de Balme mais revient également au départ du difficile téléski du Bossonnet qu'il faut alors prendre pour regagner le télésiège du Crêt du Merle.
Le télésiège du Crêt du Merle : une historique richesse de technologie
Le télésiège du Crêt du Merle fut donc installé par Pomagalski durant l'été 1974. Mais cet appareil est bien atypique car il s'agit du prototype de télésièges débrayable triplace de ce constructeur. Autant dire qu'il a tout pour être unique en France car en effet, cet appareil présenta bien vite des nouveautés attrayante au sein du domaine :
- C'est le premier triplace du domaine, suivant de très près les premiers triplaces installés sur le sol français (1972-1973).
- Il est débrayable, ce qui était rarissime et donc la clientèle était émerveillée en prenant cette installation.
- Il possédait une gare intermédiaire uniquement sur le brin montant, fait également rarissime à l'époque.
Cet appareil servit donc de vitrine pour la station toute entière et le fait que ces gares soient soigneusement recouvertes de tavaillons lui permettait de s'intégrer à merveille au sein du village.
Mais venons-en plus précisément à cet appareil. La gare aval était retour tension. Il y a donc un immense contrepoids à l'arrière de la gare (ce qui était encore le type de tension prédominant sur les remontées mécaniques de cette époque) tandis que la poulie est située au-dessus d'une roue servant de contour car à l'époque les trainages à chaîne (puis à pneus) n'existaient pas. Au niveau du lanceur/ralentisseur, c'est l'accélération de la pesanteur qui permet d'accélérer ou ralentir les véhicules. La ligne est quant à elle classique, avec ses 14 pylônes tubulaires. Aujourd'hui, il y en a 16 car deux ont été rajoutés entre temps :
- Le pylône 2bis lors de la construction du garage de la Ruade afin de remonter la ligne du télésiège du Crêt du Merle pour le survoler.
- Le pylône 3b, lors du démontage de la gare intermédiaire.
La gare intermédiaire était comme les autres gares hormis qu'elle ne possédait qu'un lanceur et un ralentisseur.
La gare amont est quant à elle constituée d'un immense bâtiment incluant la motorisation de l'installation et un garage permettant de stocker les sièges puisque les pinces S d'époque craignaient le givrage et donc nécessitaient d'être rentrés tous les soirs (les télécabines quatre places d'époque sont dans le même cas comme en témoigne l'absence de véhicules la nuit sur leurs lignes). Les véhicules sont quant à eux des sièges Goutte d'eau adaptés aux téléportés débrayable. Ils sont donc plus résistants que les sièges Goutte d'eau classiques.
Actuellement le débit de cette installation est totalement insuffisant. Et cet appareil gagne également en vétusté, tout comme le reste du massif. Un grand réaménagement est en cours, s'attaquant au secteur du Crêt du Loup dès 2012. Puis ce sera au tour de l'horrible double télésiège Praz/Ruade de disparaître, avec les appareils du Bossonnet. Enfin, le télésiège du Crêt du Merle devrait disparaître après avoir vu passer pendant plus de 40 ans des générations de skieurs sur ces sièges...
Le panneau d'information du télésiège :

Les caractéristiques actuelles du télésiège du Crêt du Merle :
Caractéristiques administratives :
- Nom de l'appareil : le Crêt du Merle
- Type d'appareil : télésiège débrayable
- Secteur : Aiguille
- Commune : la Clusaz
- Exploitant : Société d'Aménagements Touristiques et d'Exploitation de La Clusaz (SATELC)
- Ouverture : 8H55
- Fermeture : 16H45
- Saison d'exploitation : été et hiver
- Constructeur : Pomagalski
- Année de construction : 1974
Caractéristiques géométriques :
- Altitude de la gare aval : 1065 m
- Altitude de la gare amont : 1513 m
- Longueur : 1535 m
- Dénivelé : 448 m
- Pente moyenne : 31%
- Pente maximale : 77%
Caractéristiques techniques :
- Emplacement de la station motrice : amont
- Emplacement de la station de tension : aval
- Type de tension : contrepoids
- Garage des véhicules : amont
- Aide à l'embarquement : non
- Capacité des sièges : 3 personnes
- Nombre de sièges : 110
- Type de sièges : sièges "Goutte d'eau" débrayables
- Type de pinces : pinces S positionnées "à l'envers"
Caractéristiques de la ligne et d'exploitation :
- Nombre de pylônes : 16
- Nombre de virages : 0
- Sens de montée : droite
- Sens d'exploitation : montée/descente (piétons uniquement)
- Vitesse en ligne : 4 m/s
- Temps de montée : 6mn 27s
- Débit : 1500 p/h
La gare aval
La gare aval est située juste au-dessus du centre du village de la Clusaz, à 1065 mètres d'altitude au bord de la route du Crêt du Merle. Elle se compose structure métallique recouverte d'un bardage en bois permettant l’intégration de la gare au village. C'est dans cette gare que se trouve le système de tension par contrepoids, situé à l'arrière de la gare.
La gare dans son environnement, avec l'arrivée de la piste qui permet d'y accéder :

La gare avec l'église de la Clusaz derrière :

L'embarquement :

La sortie de gare :

Partie technique de la gare :
Le système de tension par contrepoids à l'arrière de la gare, ce dernier étant situé dans une fosse :

Le contour, constitué d'une roue entrainé par un moteur indépendant et permettant de faire avancer les véhicules :


Le lorry montée sur un rail et relié au contrepoids en arrière de la gare, on voit en vert le moteur de la roue du contour :

Le lanceur donc la prise de vitesse des véhicules se fait par gravité :


La prise entre pneus est équipée de cardants :

Le ralentisseur qui, comme le lanceur, ralentie les véhicules par gravité :

La ligne
La ligne du télésiège est assez longue mais la montée se fait rapidement étant donné la technologie débrayable de l'appareil. Au départ, on commence par monter une pente très raide jusqu'au pylône 2 après lequel on survole la route des Aravis et le garage de la Ruade sur lequel trône le pylône 2bis. La ligne monte alors tranquillement en franchissant une suite de 3 pylônes assez rapprochée et qui correspond à l'emplacement de l'ancienne gare intermédiaire. On continue dès lors la montée de façon relativement linéaire où l'on notera juste l'on survole une ferme après le pylône 7. La ligne se rétablie enfin au pylône 13, avant dernier pylône, avant d'atteindre la gare amont au sommet du Crêt du Merle.
La ligne comporte 16 pylônes numérotés de 1 à 14. La numérotation ne suit pas un ordre logique à cause de la construction du garage de la Ruade et du démontage de la gare intermédiaire. Dans l'ordre de la montée, cela donne :
- P1 : 12C/12C
- P2 : 8S/8S
- P2bis : 4S/4S
- P3 : 2C4S2C/2C4S2C
- P3b : 4S/4S
- P4 : 4S/4S
- P5 : 6S/6S
- P6 : 6S/6S
- P7 : 6S/6S
- P8 : 6S/6S
- P9 : 8S/8S
- P10 : 6S/6S
- P11 : 6S/6S
- P12 : 8S/8S
- P13 : 12S/12S
- P14 : 12S/12S
Vues sur la ligne :
Vue aérienne de la ligne avec l'emplacement des pylônes :

Situation du télésiège en montant sur le secteur du Crêt du Merle :

L'arrivée de la télécabine de la Patinoire avec le télésiège du Crêt du Merle au second plan :

Le milieu du télésiège du Crêt du Merle et l'arrivée du télésiège de la Ruade :

Le haut de la ligne du Crêt du Merle vue de la piste du Merle :
Le télésiège du Crêt du Merle et son voisin le télésiège des Praz :
Pylône 1 :

Portée entre les pylônes 1 et 2, la plus forte de l'installation :

Les pinces sont de type S. Elles sont positionnées "à l'envers" puisque le levier du mors mobile (pièce destiné à serrer la pince lorsqu'elle est fermée) est en haut et non en bas :


Pylône 2, après lequel on survole la route des Aravis :

Pylône 2bis sur le garage de la Ruade :


Portée entre les pylônes 2bis et 3 avec à gauche le départ du double télésiège Praz/Ruade :

Pylône 3 :

Pylône 3b (partie modifiée lors du démontage de la gare intermédiaire) :

Pylône 4 près de l'arrivée de la télécabine de la Patinoire :

Un siège :

Portée entre les pylônes 4 et 5, avec la piste de la Ruade au-dessous :
Pylône 5 :

Pylône 6, on continue de monter doucement sur les alpages du Crêt du Merle :

Pylône 7, survol d'une vieille ferme :

Pylône 8 avec l'arrivée du télésiège de la Ruade à gauche :

Pylône 9 :

Portée entre les pylônes 9 et 10, avec le télésiège des Praz à gauche :

Pylône 10 :

Pylône 11 avec la piste du Merle qui passe au-dessous :

Pylône 12 :

Portée entre les pylônes 12 et 13, on distingue le sommet du Crêt du Loup au fond :

Pylône 13 équipé d'une manche à air :

Pylône 14 :


La gare amont
La gare amont est située à 1513 mètres d'altitude, au sommet du Crêt du Merle et à proximité immédiate de l'arrivée du télésiège des Praz qui l'a doublé sur la quasi-totalité de sa longueur. C'est gare, particulièrement imposant, est constitué d'un bâtiment métallique recouvert d'un bardage en bois ce qui permet de l'intégrer plus facilement à l'architecture environnante.
Cette gare est la motrice (fixe) de l'installation. On y trouve donc la chaîne cinématique composé du moteur électrique et du réducteur, ainsi que le moteur thermique et le dispositif de freinage. Les véhicules devant être rentrés tous les soirs, cette gare comporte également un garage permettant de les stocker.
Vue d'ensemble du secteur du Crêt du Loup :

La gare vue en arrivant de la piste du P'tit Loup :

Vues sur la gare :


La gare vue du télésiège des Praz :

L'arrivée en gare :

L'exploitation estivale
En été, le télésiège du Crêt du Merle est exploité tout comme celui du Crêt du Loup. Il permet aux randonneurs, vététistes et parapentistes de monter jusqu'au Crêt du Merle avant de rejoindre le sommet du Crêt du Loup.
Un parapentiste se présentant au départ de l'installation :

Le début de la ligne. On constate qu'un VTT est accroché à l'arrière d'un siège, tandis que son propriétaire suit sur le siège suivant :

La ligne avec le double télésiège de Praz/Ruade juste derrière :
Conclusion
Le télésiège du Crêt du Merle, du haut de 35 ans d'exploitation, demeure toujours un appareil attrayant et essentiel au domaine. De part sa technologie débrayable, il est hautement plus populaire que le télésiège fixe des Praz qui pourtant le longe et est plus récent.
La rapidité et le confort sont au rendez-vous, tout comme les skieurs qui n'hésitent pas à braver la file d'attente pour prendre cet appareil vétuste et rarissime qui les attire toujours depuis les années 1970 !
Mais sa vieillesse justement commence à jouer en sa défaveur... Il est en effet prévu de le remplacer vers la fin de cette décennie, emportant avec lui les souvenirs de ce qui fut la vitrine du domaine skiable de la Clusaz pendant bien des années.



Historique du domaine skiable